Le succès inouï de l'article d'OxyRomandie sur le «dénisme»

Il est resté pendant cinq années consécutives l'article « le plus lu du mois » de la revue.

Genève, le 7 janvier 2016 - Il y a sept années déjà, la revue European Journal of Public Health (EJPH) publiait l'article sur le « dénisme » (ou denialism en anglais) écrit par le président d'OxyRomandie, Pascal Diethelm et le professeur Martin McKee, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Intitulé Denialism: what is it and how should scientists respond?, cet article a connu un très grand succès, qui a surpris ses auteurs. Il est resté pendant cinq années consécutives l'article « le plus lu du mois » de la revue. Il occupe aujourd'hui encore la première place de sa liste des articles les plus lus. Le texte complet de l'article a été vu plus de 50'000 fois. Il y a eu plus de 18'000 téléchargements de sa version PDF. Il est cité dans plus de 120 publications.

Image extraite de Fables scientifiques
de Darryl Cunningham

Il a même inspiré un chapitre d'une bande dessinée, Fables scientifiques de Darryl Cunningham. L'illustration ci-contre en est extraite. Soit dit en passant, OxyRomandie recommande chaleureusement les livres de cet auteur, qui sont passionants, notamment en plus du titre que nous venons de citer, Fables psychiatriques et L'ère de l'égoïsme : Comment le néolibéralisme l'a emporté.

L'article du EJPH donne quelques clés pour repérer le dénisme, c'est-à-dire le déni systématique d'une théorie largement admise par la communauté scientifique, et il propose quelques pistes pour y faire face.

Cet article n'est apparemment pas lu à l'Université de Zürich, ou alors les enseignements qu'il contient restent sans effet sur ses chercheurs, qui participent tout à fait ouvertement, et avec le soutien de leur hiérarchie, à la politique de déni de la multinationale du tabac Philip Morris International en ce qui concerne l'efficacité du paquet de cigarettes neutre, en dépit du fait que cette efficacité est aujourd'hui largement établie par des dizaines d'études scientifiques.

Si vous n'avez pas lu cet article, nous vous invitons à le faire, nous pensons que vous allez l'apprécier. Il est disponible en anglais et peut être téléchargé gratuitement à l'adresse http://dx.doi.org/10.1093/eurpub/ckn139.

Les mêmes auteurs ont publié un autre article sur le dénisme dans le British Medical Journal (BMJ -  voir la deuxième référence ci-dessous).

Références:

  • Denialism: what is it and how should scientists respond?
    Pascal Diethelm et Martin McKee, European Journal of Public Health, 2009
    Cet article décrit cinq critères permettant d'identifier le dénisme et indique comment y répondre. Le dénisme utilise divers stratagèmes dans le but de nier un fait établi et accepté par l'ensemble de la communauté scientifique. L'industrie du tabac a lancé, dès les années 1950, une campagne mondiale de déni de la nocivité du tabagisme actif qui avait toutes les caractéristiques du dénisme. Cette campagne a été suivie, dès les années 1970, par une campagne similaire niant la nocivité de la fumée passive. Certains «experts» au service des cigarettiers pour ces campagnes se sont reconvertis depuis dans d'autres formes de dénisme, notamment en mettant leur «compétence» au service d'industries pollueuses qui cherchent à nier le fait que le changement climatique est lié à l'activité humaine. Une vaste campagne de dénisme a émergé en Grande Bretagne au milieu des années 1990 remettant en cause l'efficacité et la sécurité du triple vaccin ROR (rougeole-oreillon-rubéole). Bien que totalement infondée, cette campagne a pris une ampleur considérable dans les médias, en particulier par la dramatisation qu'en a fait la presse à scandale et par sa récupération des fins politiciennes, pour discréditer le gouvernement travailliste au pouvoir. Même si la campagne est maintenant largement neutralisée en Grande Bretagne, ses retombées continuent de faire des dégâts considérables sur le continent européen, même en Suisse.

2016.01.07/pad